Blood Stain Child - IDOLATOR
Type : Album
Tracklist :
Si la scène musicale japonaise commence enfin à percer au niveau mondial et à s'exporter toujours plus loin, à s'implanter dans les nouveaux et vieux continents, c'est à la fois grâce au succès que connaît la mode du visual kei mais aussi grâce à des groupes originaux à la qualité croissante. Parmi cette nouvelle génération existe un groupe qui, le vent en poupe, a su se hisser au rang des groupes devenus les incontournables du métal nippon, aux côtés de Dir en grey (qui rappelons-le ont été nomminés au Metal Hammer Awards 2008), j'ai nommé : Blood Stain Child.
Si les albums Silence of Northern Hell et Mystic your Heart avaient vu passer le groupe du black/death métal symphonique au death métal mélodique avec un côté électro donnant des accents pop sur les refrains, plutôt surprenant pour un groupe d'extrême métal, c'est un grand bon en avant que le groupe a réalisé avec l'album IDOLATOR ! En s'écartant encore plus de son côté black métal pour s'enfoncer toujours plus loin dans le death métal mélodique, Blood Stain Child a ainsi perdu son étiquette de "Children of Boddom japonais" par laquelle ils étaient désignés par chez nous. Toutefois si le groupe quitte COB, c'est pour se rapprocher d'In Flames, ce qui n'est pas plus mal pour qui recherche la mélodie et une construction musicale carrée et efficace.
Et carré, le disque l'est ! La nouvelle musicalité à laquelle s'est épris le groupe est des plus efficaces mais aussi des plus travaillées, entre les riffs tranchants et une batterie martelante et énergique du death mélo auquel s'adonne le groupe, c'est sans compter le clavier apportant des mélodies fraîches et une trance ravageuse et servie au même plan que le reste de l'instrumentation. Mais ce n'est pas pour autant qu'IDOLATOR ne doit être vu uniquement que comme un déluge cacophonique lié à la rencontre du death métal à un industrial venant de la trance car Blood Stain Child a créé avec grand soins ses compositions. Ryo déploit d'ailleurs un excellent chant guttural lui aussi d'une efficacité sans faille et capable de rivaliser avec n'importe quel "deatheux" Occidental et les mini-duos avec Ryu sont là pour aggrémenter le tout.
La composition de l'album ne peut elle qu'être vu comme une sorte de 50/50, car si certaines pistes sont très ancrées dans les racines métal (Trial Spiral, VOID, THRUTH...) formant la base du groupe, d'autres sont elles beaucoup plus portées sur la mélodie (Embrace Me, HYPER SONIC...) jusqu'à oser deux chansons presque entièrement trance et surtout instrumentales (Nuclear Trance, Life Story). Retravaillé par les soins du maestro post production métal : Tue Madsen, c'est une véritable bombe qui se déverse des enceintes et on entend vite que celà vient de mains de maîtres, tant sur l'arrangement que sur le papier et ce sont vos oreilles qui vont être servies.
Blood Stain Child, en changeant d'influences, démontre qu'ils ne se cantonnent pas à un style particulier et qu'ils ne se présentent pas comme ce que les Occidentaux ont hâtivement catégorié de "copy band". Plus que cela, Blood Stain Child a su créer, via IDOLATOR, un son propre ainsi qu'une identité quasi-unique, même si certains tentent de les rapprocher au mouvement d'électro-métal. C'est avec un tel coup de maître que le groupe a su réellement s'exporter de son archipel natale et au vu de ses qualités et innovations, c'est un album qui pourrait être qualifié "d'album de la maturité" aussi bien qu'il fait partie des meilleurs albums métal japonais à n'avoir jamais été enregistrés. Une version européenne et américaine ont par la suite vu le jour, ces versions possèdent toutefois une tracklist différentes : Nuclear Trance et Life Story ont été retirées et le clip de THRUTH a été rajouté, en bonus track.
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